Osteopathes Plus fait le point suite au rapport demandé par le cnomk au sujet de l'ostéopathie crânienne

Le 29 janvier 2016, le cnomk a publié un rapport au sujet de l'ostéopathie crânienne. L'objectif de ce rapport est de "faire le point sur les fondements de l'ostéopathie crânienne : historique, concepts, hypothèses, revue de la littérature ".

Osteopathes Plus se félicite que le CNOMK s'intéresse enfin aux masseurs kinésithérapeutes ostéopathes. Osteopathes Plus a étudié ce rapport et livre sa propre analyse du rapport réalisé par le cortecs (collège de recherche transdisciplinaire esprit critique et science).

 

D'après les auteurs, l'ostéopathie crânienne a été inventé par William Sutherland et "ses continuateurs" ( Weaver, Stone, Magoun, Fulford, Becker, Frymann, Brooke, Upledger, Boyd, Sills). les auteurs ont différencié l'ostéopathie crânienne biomécanique (jusqu'en 1942) qui cherche à valider ses concepts et l'ostéopathie crânienne biodynamique (après 1943) qui n'a aucune démarche scientifique.

Dans une première partie, les auteurs ont effectué une revue de la littérature des fondements physiopathologiques de l'ostéopathie crânienne. En ce qui concerne l'approche dite biomécanique, ils ont analysé :

- le mouvement respiratoire primaire

- sutures et mobilités crâniennes et faciales

- le liquide céphalo rachidien

- mobilité involontaire de l'articulation sacro-iliaque

- les membranes de tensions réciproques

       Au sujet de l'approche dite biodynamique, ils ont étudié:

- le souffle de vie

- la marée

- le fulcrum

- la lumière liquide

- l'énergie vitale

- le vitalisme

- et d'autres concepts

      A l'aide de la littérature, ils concluent:

- le MRP n'existe pas ( concept déjà remis en cause par les ostéopathes de référence en ostéopathie crânienne en France tel que Boudehen, Gehin mais malheureusement ils n'ont pas été inclus dans cette revue de la littérature )

- la mobilité suturale a été évaluée par des études de mauvaise qualité (risque de biais élevé ). L'hypothèse ne peut donc pas être soutenue. Ils admettent que les sutures ne sont que partiellement fusionnées

- aucune étude a évalué la mobilité des os de la face

- la circulation du LCR est admise mais il n'existe aucune preuve de lien de cause à effet entre fluctuation du LCR et mobilité du crâne

- aucune étude ne valide la mobilité involontaire sacro iliaque il en résulte donc ce qu'avance les auteurs de manière très scientifique "à affirmation sans preuve, réfutation sans preuve"

- aucune étude au sujet des membranes de tensions réciproques et toujours ce même raisonnement " vu qu'on a montré que le MRP n'est pas démontrable, il n'est pas soutenable de lier les membranes de tensions réciproques à la mobilité crânienne "

- l'approche biodynamique est une approche magique dénouée de lien avec la science

      L'évaluation des fondements physiopathologiques de l'ostéopathie crânienne (en ce qui concerne la partie biomécanique) sont rejetés par insuffisance d'études publiées à ce jour.

 

Dans une seconde partie, les auteurs ont étudié les articles parlant de la fréquence du rythme crânien et la restriction de mobilité des os du Crâne. Selon eux, on ne retrouve pas de reproductibilité inter et intra observateur sur le plan scientifique à ce sujet ( exclusion des études ayant des résultats positifs pour un risque de biais important)

 

Dans une dernière partie, les scientifiques ont évalué 12 études sur l'efficacité thérapeutique des techniques crâniennes. Ils en ont exclus 10 présentant des résultats positifs pour risques de biais élevé. 2 études sérieuses ont été conservés. Une concerne les syndromes douloureux pelviens de la femme enceinte (Elden et al 2013. Acta obstetricia et gynecologica Scandinavia). Les résultats positifs de cette étude sont modérés par les auteurs qui encouragent la poursuite des recherches en ce sens.

Le dernier article étudie les techniques crâniennes sur les cervicalgies chroniques. Les auteurs reconnaissent l'efficacité de l'ostéopathie crânienne dans ce cadre MAIS... " en science on publie plus facilement les résultats positifs que ceux négatifs " il s'agit d'un biais de publication . "Il faut donc considérer la proportion des études positives par rapport aux négatives " ils utilisent également le principe de symétrie " si un très petit nombre d'étude existent avec des résultats positifs ils existe également un petit nombre d'étude avec résultat négatif , cela doit nous encourager à ne rien conclure de favorable à travers ces études "

 

      L'analyse d'Osteopathes Plus

Ce rapport est référencé à partir d'articles pour leur grande majorité "vieux" de 20 et 100 ans (Seulement 14,5% des ouvrages cités et 23% des articles tirés de revues scientifiques ont moins de 5 ans) Comment déduire des conclusions scientifiques crédibles avec une telle bibliographie ? C'est vraiment dommage de ne pas considérer la littérature récente qui remet en cause le MRP pour se faire un avis au sujet de l'ostéopathie crânienne!

A aucun moment l'avis d'un organisme de formation en ostéopathie agréé ou formateur écrivant des livres de références actuelles en ostéopathie crânienne n'a été consulté (Tricot, Boudehen, Gehin etc...)

A aucun moment les auteurs n'ont eu envie de remettre en cause leur jugement bien dommage pour des "scientifiques".

Le Cnomk se contente de l'avis de mk opposés à l'ostéopathie (Richard Monvoisin, Nicolas Pinsault "la kinésithérapie piégée par les mages" https://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/MONVOISIN/54379)

Les études référencées ayant un risque de biais élevé ont été analysées de manière bien différentes tout au long de ce rapport. Elles ont été qualifiées de non sérieuses et employées pour remettre en cause l'ostéopathie crânienne (ex: concept de la mobilité suturale) Ou alors elles ont été purement exclues des résultats lorsqu'elles étaient favorables à l'ostéopathie crânienne. (ex: le chapitre sur l'efficacité thérapeutique de l'ostéopathie crânienne)

La seule chose que l'on peut conclure de ce rapport c'est que le MRP n'existe pas ( ça on le sait déjà, c'est le discours actuel des enseignants de crâniens pour mko, "Sutherland a inventé le MRP "G. Boudehen). Nous prenons bien conscience que la biodynamie est dénouée de lien avec la science. Il existe des études favorables à l'ostéopathie crânienne et des écrits complémentaires sont nécessaires , mais à aucun moment ce rapport est suffisant pour rejeter l'ostéopathie crânienne.

Nous rappelons que l'ostéopathie en France a un cadre juridique récent ( loi de mars 2002) et que la formation en ostéopathie a été réformé en 2015. La démarche scientifique fait maintenant clairement partie des établissements de formation en ostéopathie réservés aux professionnels de santé. Les élèves de ces établissements participent à des cours parfois enseignés à l'université. Il existe également des diplômes universitaires réservés aux ostéopathes. L'ostéopathie pratiquée par les professionnels de santé est une pratique complémentaire de la masso-kinésithérapie. Le masseur kinésithérapeute ostéopathe pratique l'ostéopathie dans le respect de ses règles professionnelles.

 

Avant de conclure sur des généralités dénigrant la pratique des mko, il est primordial pour le cnomk de définir au sein du code de déontologie et du décret d'actes professionnels un champ de compétence pour le mko et s'engager pour la reconnaissance de l'ostéopathie thérapeutique pratiquée par les professionnels de santé.